Joseph Joblin: il lungo pellegrinaggio della memoria


Nell’archivio è stato recentemente depositato il Fondo Joblin. Si tratta di 24 faldoni contenenti materiale accademico e interventi di vario tipo appartenenti al R.P. Joseph Joblin SJ professore emerito della Pontificia Università Gregoriana. P. Joblin dal 1956 al 1981 è stato alto funzionario presso il Bureau International du Travail (BIT), segretariato permanente della OIT (Organisation internationale du Travail). Questa lunga presenza gli permise di essere testimone di significativi cambiamenti nel mondo del lavoro e di alimentare proficue riflessioni intorno alle scienze sociali.

Uno degli avvenimenti più considerevoli fu la visita di S.S. Paulo VI al BIT nel 1969. A questo link è possibile leggere il testo che Paolo VI rivolse all’assemblea. Due fotografie testimoniano questo momento. La prima appartiene alla raccolta ufficiale dell’United Nations Photo. È possibile vedere, in seconda fila dietro al tavolo della presidenza, il P. Joblin. La seconda appartiene al “Fondo Joblin”. Questa foto, seppur poco nitida, testimonia il momento in cui Paolo VI, che ormai aveva lasciato la sede del BIT, scende dalla macchina per salutare proprio P. Joblin. Se la foto risulta poco definita il ricordo di quella giornata, come si evince dalle righe inviatemi dietro mia richiesta, rimane lucido. Colgo l’occasione per ringraziare P. Joblin per la donazione del suo prezioso fondo all’Archivio della Pontificia Università Gregoriana e per seguire così da vicino le sue vicende.

Welcoming statement by Mr. Jean Mori (Switzerland), President of the Conference.
Fondo Joblin

 

VOYAGE DE PAUL VI A GENEVE (10 juin 1969)

Cette note a été rédigée à l’aide de souvenirs ersonnels et de notes dont l’auteur disposait alors.

L’annonce du voyage e Paul VI à Genève surprit l’opinion ; en effet le secret avait été parfaitement gardé car toutes les autorités aussi bien suisses, genevoise, œcuménique ou ecclésiastique étaient convaincues de son importance ; elles y voyaient un signe de l’harmonie qui s’était manifestée depuis le concile Vatican II entre l’Eglise et le Monde pour l’établissement de la paix.

  • L’ARRIERE-PLAN DU VOYAGE

Les premiers pas en vue d’une invitation du Pape à participer personnellement aux célébrations du cinquantenaire de la création du BIT eurent lieu début janvier 1969 ; or six mois auparavant l’encyclique Humanae Vitae avait semblé avoir mis un terme aux possibilités d’une coopération entre l’Eglise et les Institutions internationales car la prise de position du Pape vis-à-vis du contrôle des naissances semblait devoir le rejeter hors de la communauté mondiale. Ce rejet eut une telle ampleur que, me rendant à Rome en octobre 1968, je ne pouvais pas ne pas noter le trouble qui s’était emparé des autorités ecclésiastiques. La belle euphorie qui avait commencé en 1944 avec le discours de Noël de Pie XII en 1944 et qui avait été confirmée par les encycliques de Jean XXIII (Mater et Magistra 1961 et surtout Pacem in terris 1963) et le voyage de Paul VI à New York semblait être arrivée à son terme. Les tensions telles qu’elles avaient existé jusqu’alors entre l’Eglise et l’Etat semblaient se reproduire à nouveau. Or un élément semble avoir échappé aux observateurs.  Comme le constate une note que je rédigeai alors et que j’ai retrouvée : « Il semble qu’un élément nouveau apparaisse. L’existence d’un centre de la Catholicité n’est pas contestée ; sa prééminence est sentie comme telle, c’est-à-dire non pas d’honneur mais fonctionnelle… Ce qui est mis en cause c’est le mode selon lequel s’exerce cette autorité et, parce que ce mode est jugé erroné, les décisions sont jugées non obligatoires. Certes cette argumentation est inadmissible, inconsistante pour l’esprit traditionnel. Elle semble exacte aux yeux de ceux qui la défendent. Comment cela ? … (Pour ces derniers) Les univers culturels de ceux qui commandent et de ceux qui sont commandés ne sont pas les mêmes et  les institutions héritées du passé contribuent à créer un milieu artificiel où ceux qui y vivent sont incapables de saisir le monde nouveau qui naît ». En un mot, l’encyclique sur le contrôle des naissances fit apparaître l’équivoque qui  s’était glissée dans la relation Eglise/Monde depuis l’ouverture de Pie XII à la « saine démocratie » (Radio-Message de Noël 1944 jusqu’à la visite de Paul VI à l’ONU (4 octobre 1944). Si le jugement qui vient d’être exprimé est exact, le désarroi dont semblait être victime le monde du Vatican durant le dernier trimestre de 1968 venait d’une mise en cause du rôle « fonctionnel » que l’opinion attendait de l’Eglise dans le monde à la suite de la deuxième guerre mondiale.

  • LIMITES DE CE TEMOIGNAGE

L’auteur de cette note a été associé aux négociations qui ont conduit le Directeur Général du BIT à inviter Paul VI à la Conférence internationale du Travail mais a été totalement étranger à celles qui furent entreprises avec le gouvernement fédéral de la Suisse comme avec celui de l’Etat de Genève ou avec le Conseil Œcuménique des Eglises.

  • LES ACTEURS

Du côté du BIT

DAVID A. MORSE, Directeur général du BIT ; il a toujours été plus qu’intéressé mais plutôt séduit par l’universalisme que poursuit le Saint-Siège ; il a rencontré plusieurs fois Pie XII, Jean XXIII et Paul VI. Comme eux, il conçoit en pleine guerre froide la construction d’un « pont » (Pie XII) entre les « hommes de bonne volonté » de l’Est comme de l’Ouest comme une nécessité car la paix en dépend.

WILFRED C. JENKS, Principal Directeur Général Adjoint du BIT. Reconnu comme un expert de droit international et d’une très grande culture ; a fait ses études supérieures à Cambridge

  • L’ITER DE L’INVITATIION

Le Directeur Général du BIT était immobilisé à New York, David A. MORSE, à la suite d’une opération qu’il avait dû subir ; ce repos forcé lui donna l’occasion de voir à la TV l’accueil fait à Paul VI par les ouvriers des aciéries de Taranto le 24 décembre 1968 ; l’idée lui vint alors d’associer le Pape aux célébrations de l’OIT en juin 1969 et il demanda par téléphone à son adjoint, Wilfred C. JENKS, principal Directeur Général Adjoint, alors en charge du Bureau, d’étudier cette possibilité. Cette mission me fut confiée. Le secret le plus absolu devait être observé ; seul le Père de RIEDMATTEN O.P., Observateur du Saint-Siège à Genève, pouvait être contacté car, avais-je dit, s’il donne un avis négatif à la réalisation de ce projet, celui-ci devra vraisemblablement être abandonné.

Joseph Joblin SJ

Paris,  15  octobre 2017

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